Les jours passent et se ressemblent, avec leur succession de crises. Elles rĂ©vĂšlent de maniĂšre toujours plus Ă©vidente que la bourgeoisie semble paniquer devant son propre systĂšme. Les solutions pour sauver le capitalisme sâĂ©bauchent dans les cĂ©nacles du pouvoir : politiques d’austĂ©ritĂ©, (techno)-fascisme, guerres et impĂ©rialisme Ă outrance.
Cette conjonction de menaces pĂšse dâabord et surtout sur les parties les plus vulnĂ©rables et subordonnĂ©es de la population (les jeunes racisĂ©.e.s, les migrant.e.s, les femmes, les prolĂ©taires pauvres, les petit.e.s pensionnĂ©.e.sâŠ).
En Belgique comme partout, la bourgeoisie semble se radicaliser et abandonner sa culture/tactique du compromis, et ses aspirations hypocrites au pacifisme. LâArizona, aprĂšs sâĂȘtre lancĂ© dans une offensive contre les derniers reliquats du compromis dâaprĂšs-guerre entre mouvement ouvrier et capital, se joint avec enthousiasme Ă lâappel europĂ©en Ă la militarisation gĂ©nĂ©rale de nos sociĂ©tĂ©s : doublement du budget militaire, discours de plus en plus permanent de lâarmĂ©e dans la presse, BEDEX, 140 000 lettres Ă destinations des jeunes pour les pousser Ă sâengager, etc.
De lâautre cotĂ© de la ligne de front, les vieilles recettes de lâennemi ne semblent plus fonctionner comme avant : les rĂ©formes Ă©conomico-sociales visant Ă dĂ©truire les conditions matĂ©rielles dâexistence de notre classe sont perçues comme telles. La marche forcĂ©e vers le militarisme ne semble pas enthousiasmer grand monde, mis Ă part les vendeur.euse.s de missiles et autres gens qui nâiront jamais combattre. Les tentatives d’enrĂŽlement de la population dans les conflits inter-impĂ©rialistes suscitent au mieux une large indiffĂ©rence, comme lâUkraine, au pire un franc rejet, dans le cas des guerres au Moyen-Orient. Les compromissions de fractions importantes de la bourgeoisie avec les propositions fascistes ont redonnĂ© vie Ă un antifascisme militant.
Bref, les nuages sâamoncĂšlent.
Mais une chose se dĂ©gage comme toujours dans l’Histoire : le problĂšme contient sa solution. C’est parce que la bourgeoisie se radicalise que le peuple prend conscience de la nĂ©cessitĂ© de la lutte Ă mener contre elle. Les flĂ©aux du capitalisme en crise apparaissent de moins en moins comme une fatalitĂ©, de plus en plus comme le produit de politiques dĂ©libĂ©rĂ©es dâĂ©lites toujours plus avides de pouvoir et de profit.
La tùche du jour : transformer cette prise de conscience en forces révolutionnaires agissantes.
Que les rĂ©volutionnaires sâorganisent, trouvent une force dont la stratĂ©gie et les mĂ©thodes correspondent Ă leurs conceptions â ou en crĂ©ent une.
Et que ces forces apprennent Ă travailler ensemble, Ă faire converger leurs efforts dans un processus de lutte de libĂ©ration. Car nous savons qu’il n’est pas question de protester contre la guerre mais de lutter contre elle, qu’il est question de choisir son camp.
Le 1er mai rĂ©volutionnaire est plus quâune manifestation : câest l’un de ces moments dâorganisation et de convergence.
Tous et toutes au 1er mai révolutionnaire !
