
Table des matiĂšres
Introduction
Nous nâajouterons pas un texte sur la guerre aux nombreux textes qui circulent dĂ©jĂ dans la gauche rĂ©volutionnaire. Les liens entre le capitalisme en crise et la guerre, entre la guerre, l’impĂ©rialisme et la fascisme ont Ă©tĂ© trĂšs bien dĂ©crits un nombre infini de fois. Cependant, comme tout cela peut commander des orientations diffĂ©rentes, nous allons clarifier celles qui dĂ©terminent notre campagne contre la militarisation et la guerre.
âPar tous les moyensâ
Câest le principal mot dâordre de notre campagne. Nous pouvons comprendre que la faiblesse et la vulnĂ©rabilitĂ© des forces de la gauche rĂ©volutionnaire, Ă commencer par C3, soient des limites objectives Ă nos capacitĂ©s dâintervention â mais ce sont les seules limites que nous estimons recevables. Se maintenir par choix idĂ©ologique ou politique en-deça dâun niveau de lutte accessible par ailleurs, par lĂ©galisme par exemple, ou par une fixation sur une mĂ©thode comme la dĂ©sobĂ©issance civile, câest se montrer en deçà de ce quâexige la gravitĂ© de la menace.
Assumer une position de classe
La tendance Ă la guerre se manifeste par la multiplication des conflits dans lesquels notre propre bourgeoisie, inscrite dans lâAlliance atlantique, sâimplique de plus en plus. Assumer une position de classe dans ce cadre signifie, primo lutter dâabord et surtout contre sa propre bourgeoisie, contre lâĂ©tat belge, lâUnion europĂ©enne et lâOTAN, secundo ne pas verser dans le campisme en soutenant les ennemis de notre bourgeoisie pour cette seule raison quâils en sont les ennemis. Que lâIran soit la cible de lâimpĂ©rialisme occidental ne transforme pas magiquement son rĂ©gime thĂ©ocratique, antipopulaire, criminel et misogyne, en alliĂ© âanti-impĂ©rialisteâ.
Stratégiser
Il ne sâagit pas de âprotesterâ contre la guerre, il sâagit de lutte contre elle et de faire de cette lutte un Ă©lĂ©ment de la perspective rĂ©volutionnaire. Cela implique dâassumer ces deux responsabilitĂ©s: primo renforcer le camp rĂ©volutionnaire, secundo saboter les plans de guerre de la bourgeoisie. StratĂ©giser implique Ă©tudier nos capacitĂ©s dâinterventions et les points faibles de lâennemi, cela implique travailler dans la durĂ©e (et perdre lâhabitude gauchiste de courir aprĂšs lâactualitĂ© et de sauter de thĂ©matique en thĂ©matique), cela implique se trouver des allié·e·s et dĂ©velopper toutes les unitĂ©s compatibles avec lâorientation gĂ©nĂ©rale, etc. [cf. notre brochure De la stratĂ©gie]
Démoraliser
La bourgeoisie impĂ©rialiste europĂ©enne a deux faiblesses. Dâabord son incapacitĂ© Ă rĂ©ellement fusionner ses intĂ©rĂȘts. A chaque pic de crise, (et on lâa vu avec la crise du Covid), les Ă©tats se tirent dans les pattes pour assurer au mieux leurs intĂ©rĂȘts particuliers. Il y a une rĂ©elle unitĂ©, mais celle-ci est imparfaite et empĂȘche encore que lâUE puisse agir comme les USA ou la Russie. DeuxiĂšme faiblesse: la perte de lĂ©gitimitĂ© de ses institutions. Les peuples, en Europe occidentale, ne sont pas prĂȘts Ă partir au front la fleur au fusil. Les incitants idĂ©ologiques traditionnels (patriotisme, virilisme, esprit de sacrifice, militarisme, etc.) tombent Ă plat â Ă la diffĂ©rence de pays comme la Hongrie ou la Pologne. Et le pouvoir bourgeois a, ces derniĂšres dĂ©cennies, humiliĂ© et appauvri la population avec trop dâimpudence pour quâil puisse la mobiliser pour la dĂ©fense son âsystĂšme dĂ©mocratiqueâ. Câest sur cette faiblesse que la gauche rĂ©volutionnaire peut agir en Belgique.
Sâadresser aux concerné·e·s
La guerre exacerbe lâexploitation, le racisme et le sexisme du systĂšme. Les parties les plus subordonnĂ©es de la population sont les premiĂšres cibles de lâembrigadement et les premiĂšres victimes des massacres. Les discours de recrutement visent clairement les femmes et les racisé·e·s. Sâengager dans lâarmĂ©e est prĂ©sentĂ© comme la plus belle opportunitĂ© de sortir de la subordination, dâacquĂ©rir un statut, des revenus, une dignitĂ©, des qualifications etc. Il faut contrer cette propagande, non pas avec un discours lĂ©nifiant sur les malheurs de la guerre, mais en exposant que, dans la tendance Ă la guerre, la question est de savoir pour qui on veut se battre.
Conclusion
Dans la tendance historique Ă la guerre, la question n’est pas de choisir entre la paix et la guerre, mais de choisir entre se laisser embrigader dans les guerres impĂ©rialistes oĂč faire la guerre Ă celles-ci. Ce qui signifie s’attaquer Ă ceux qui les provoquent, Ă ceux qui en profitent, Ă ceux qui perpĂ©tuent le systĂšme qui les engendre. Il faut choisir sa guerre, il faut choisir son camp.