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« 250 FREEDOM » et des châteaux

Nous avons mené des actions devant deux châteaux,
à Genappes, et à Kraainem. Ces châteaux sont les domiciles de Paul Cornet de Ways Ruart
et de Grégoire de Spoelberch, dont les familles sont les principales actionnaires d’Inbev.
Ces grands bourgeois sont les principaux « mécènes » des cérémonies que l’ambassadeur trumpiste Bill White organise à Bruxelles, en privatisant le cinquantenaire, pour célébrer les 250 ans des États-Unis.

Ils financent la propagande trumpiste au moment où l’impérialisme américain porte la guerre à l’intérieur même des États-Unis, avec l’offensive de l’ICE et la répression meurtrière des protestations contre cette offensive, et à l’extérieur, avec les agressions contre le Venezuela et l’Iran.

La grande bourgeoisie belge et ses subordonné·e·s — politicien·ne·s, journalistes, militaires, administrateur·ice·s et managers — se sont engagé·e·s dans la course à la guerre.
Ces derniers mois, les achats d’armes, principalement américaines, se sont multipliés : obus et munitions en tout genre, drones marins, viseurs nocturnes, missiles AIM-9X, missiles de croisière AGM-134, ainsi que des projets d’achat d’hélicoptères Sikorsky CH-53K et H-60, de missiles AIM-120, etc.

Alors que la santé et l’enseignement manquent de moyens et d’effectifs (enfin : les écoles et les hôpitaux du peuple, car les bourgeois ont leurs propres écoles et leurs propres cliniques), il est prévu de recruter cette année, pour l’armée, 2 800 militaires, 1 050 réservistes et 960 civils. Le projet est de doubler les effectifs d’ici dix ans, pour atteindre 34 500 militaires, 12 800 réservistes et 8 500 civils.

La militarisation marche à pas redoublés et sur tous les fronts.

La guerre et le militarisme deviennent le seul horizon, la réponse à tout.

Alors qu’ils désinvestissent dans tous les secteurs sociaux, voilà que l’argent englouti dans la course aux armements ouvrirait la voie à la croissance ! Il faudrait ainsi construire deux nouvelles usines de munitions sur les sites de Herstal et de Zutendaal, et œuvrer à ce que le trust américain de l’armement Raytheon délocalise une partie de sa production de missiles AMRAAM en Belgique. Bill White s’est félicité en avril de cette perspective qui, selon lui, avait de « très très très bonnes chances » de se réaliser.

Lorsqu’ils sont confrontés aux mouvements migratoires provoqués par le tragique appauvrissement du Sud global, le ministre de la Défense envoie au-dessus de la Méditerranée des drones MQ-9B SkyGuardian, basés en Sicile mais pilotés à partir de Florennes (mai 2026).

Lorsqu’ils sont confrontés au développement de l’économie parallèle, dans laquelle se retrouve une partie croissante d’une jeunesse privée de perspectives d’avenir par leur système, c’est encore le ministère de la Défense qui apporte la « solution », avec le déploiement de militaires dans les « hotspots » de deal (avril 2026).

Lorsqu’ils sont confrontés à la révolte de la jeunesse, le ministre de la Défense a proposé, le 4 juin, que l’armée organise des « camps de rééducation militaire pour les jeunes fauteurs de troubles ».

La bourgeoisie manœuvre tous ses subordonné·e·s pour contribuer à cette marche vers la guerre. C’est pour cela qu’en plus de nos visites aux propriétaires d’InBev, nous avons été placarder la façade du journal Le Soir.

Car les médias, éternels complices du grand capital (rappelons que depuis la reprise d’IPM, le groupe Rossel contrôle 94 % de l’audience de la presse écrite belge francophone), se chargent de donner le ton. Les généraux et expert·e·s militaires envahissent les journaux et les plateaux télévisés et contribuent à encourager l’escalade contre la Russie.

Le Soir, fleuron du groupe Rossel, organise le 22 juin une rencontre sur le thème : « Tensions géopolitiques et course au réarmement : quelles opportunités pour les entreprises belges ? »

Se retrouveront au château (encore un…) de la Vecquée : Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef du journal, jamais en retard d’une infamie ; Maxime Prévot, ministre des Affaires étrangères et ex-président des Engagés, ces mêmes Engagés qui viennent d’imposer le décret-programme saignant l’enseignement en Wallonie-Bruxelles ; et Julien Compère, administrateur de la FN Herstal, qui se réjouit de résultats records, avec notamment un chiffre d’affaires dépassant le milliard d’euros.

Cette « rencontre » (qui a eu lieu, nous promet-on, dans une « ambiance festive ») nous offre une image parlante du camp ennemi : celle d’un bloc de journalistes à la solde du pouvoir, de managers et d’administrateur·ice·s, de politicien·ne·s et de généraux, tou·te·s au service du grand capital.

Les bourgeois sont nos ennemis !

Contre le capital, le fascisme et la guerre — par tous les moyens !